Je sais que j’ai écrit peu ces derniers temps et j’en profite pour remercier mes fidèles lecteurs qui continuent quand même à venir me lire!

J’ai peu écrit premièrement par manque de temps assez flagrant, mais aussi car je ne trouvais rien à dire de particulier. Ces dernières semaines ont été merveilleuses, tout allait bien, l’ambiance était sereine et remplie d’espoir et mon chum ne cessait de me dire que ça allait bien et qu’il pensait beaucoup moins à la question trans.

Bref, comme on dit, « pas de nouvelles veut dire bonnes nouvelles ». On a donc profité de cette période plus calme sans trop se poser de questions.

Par contre, je savais bien que la question trans allait revenir à un moment ou un autre. J’avoue que je craignais ce retour, car toutes les bonnes périodes de mon chum ont toujours été suivies de gros downs et de périodes de détresse.

D’un autre côté, je commençais presque à espérer… Cela faisait plusieurs semaines déjà et je commençais à me demander si c’était possible que le médicament ait autant d’influence que ce que mon chum croyait? Je commençais à me demander s’il était possible qu’en continuant à prendre son médicament, mon chum arrive à passer à travers sa dysphorie de genre et que tout continue à bien aller? Bref, même si au fond de moi, je savais bien que la question trans était toujours là, un petit espoir avait commencé à poindre…

Eh bien, le retour à la réalité s’est fait en fin de semaine, me confirmant ce que j’ai toujours su finalement : malgré la bonne période qu’il venait de passer, la question trans était toujours bien présente pour mon chum et elle venait de refaire surface!

Ces derniers jours, j’avais bien vu qu’il avait recommencé à porter du linge féminin (blouses et pantalons, mais qui permettent de passer incognito), mais ce n’était pas extravagant du tout et il continuait à me dire que ça allait bien.

En fin de semaine, je ne me rappelle plus très bien du contexte, mais on parlait tout bonnement de bien d’autres choses, quand il a abordé le sujet trans. Il a commencé par s’excuser de me faire endurer tout ça puis il m’a dit qu’il avait recommencé à porter des jupes et autres durant le jour quand je suis partie au travail.

Cela m’a bien un peu surprise, mais comme je le disais un peu plus haut, je m’en attendais aussi, alors, on a pris le temps de jaser et d’en parler.

Il me racontait que la semaine dernière, le jeudi où j’allais souper chez mes parents, il avait mis une robe durant la journée, avec talons hauts et tout le restant, puis, il s’est forcé à se rhabiller en homme en début de soirée, car il savait que j’allais arriver bientôt. Il ne voulait pas me montrer qu’il avait recommencé à s’habiller ainsi, mais surtout, il avait peur que mon père décide de venir faire un petit tour en venant me reconduire, ce qui arrive parfois.

Apparemment, cette étape n’a pas été de tout repos et il a vraiment paniqué, car il n’arrivait pas à s’éclaircir les idées et à se convaincre de changer de vêtements. Toutes sortes d’idées lui sont passées par la tête à ce moment et ce n’était vraiment pas des idées joyeuses! Finalement, il a gardé du linge très féminin, mais il a quand même réussi à mettre une blouse et un pantalon.

Et heureusement, car mon père a justement décidé de venir passer quelques minutes à la maison en venant me reconduire! La blouse de mon chum, il l’avait déjà vue, alors, il n’a pas passé de commentaires. Pour le pantalon, quoiqu’il pourrait bien passer incognito selon le moment et la personne avec qui mon chum serait, eh bien, il faisait sombre et mon père n’est resté que quelques minutes, alors, je me dis qu’il n’a pas dû rien remarquer de particulier.

Sur le coup, je ne m’en suis pas vraiment rendue compte, mais c’est après, quand mon chum m’en a reparlé en fin de semaine que j’ai réalisé à quel point il avait paniqué avant que j’arrive et à quel point il avait eu un moment de détresse assez important.

Comme il n’arrivait pas à se convaincre de changer de vêtements et qu’il était tout mêlé, il a fait certaines choses pour essayer de se dégoûter lui-même (j'en parlerai probablement dans un futur message, mais pour le moment, je n'en dis pas plus...), mais je crois que cela lui a juste encore plus embrouillé l’esprit et augmenté son sentiment de culpabilité.

Bref, jeudi dernier, la journée n’a vraiment pas été facile et lorsqu’on a parlé de tout ça en fin de semaine, j’avoue que la conversation a fini sur une note plutôt orageuse. Je m’en suis voulue après ça de réagir comme ça, mais disons qu’il m’avait prise un peu par surprise et comme c’était une journée où j’étais déjà très fatiguée, cela m’a quelque peu "achevée" sur le coup.

Mais bon, on a pris le temps de s’en reparler cette semaine et ça va quand même mieux. Mon chum a recommencé à mettre des robes, des jupes, des boucles d’oreille… (et même devant moi hier soir, ce qu'il n'avait pas fait depuis longtemps), il recommence à parler de futures étapes qui pourraient avoir lieu (d’autres séances d’épilation mais pas juste pour la barbe, les hormones, les rencontres avec son psy, etc…) et on recommence à en parler à tous les jours ou presque.

Il se sent coupable de me faire vivre tout ça, il aimerait tellement pouvoir échapper à tout ça, il recommence à être tout mêlé et à être découragé, il recommence à avoir besoin de s’habiller en femme pour réussir à faire quelque chose de sa journée, etc…

C’est comme une roue qui tourne. Des bonnes périodes suivies de moins bonnes périodes. Des joies suivies de déprimes. Un sentiment de culpabilité suivi d’un sentiment que tout va bien. Des moments tranquilles suivis de moments où tout tourne autours de la question trans. Etc…Bref, j’ai l’impression d’être dans une période de « déjà-vu ».

Et moi dans tout ça? J’ai apprécié ces dernières semaines sereines et de calme. Je savais que ça allait revenir, même si un petit espoir avait commencé à poindre malgré moi. Je ne peux pas dire que je suis vraiment déçue, mais ça me fait quelque chose de le voir ainsi, de le voir se poser des questions sans arrêt, de le voir déprimé et découragé, de le voir se taper dessus sans arrêt sans raison. Je souffre de le voir souffrir comme ça et j’aimerais tellement qu’il soit bien, ou au moins qu’il se sente mieux.

Mes craintes reviennent aussi en force. Mes craintes face à l’avenir incertain. Mes craintes face à nos projets d’avoir des enfants. Mes craintes face à mon chum et à sa détresse : la peur qu’il craque sous la pression et fasse une niaiserie me suit partout, même si je ne sais pas quoi faire pour l’aider plus que ce que je fais déjà.

Il me dit que même si c’est revenu et qu’il a vraiment craqué la semaine dernière, il me dit que ça va quand même bien et qu’il commence à accepter un peu la situation. Je ne veux pas le mettre en doute, mais j’avoue que je me demande à quel point c’est vraiment le cas…

Je garde quand même espoir. On prend tous les moyens pour l’aider au moins à s’éclaircir les idées et pour la suite, on verra bien au fur et à mesure. Il va continuer à aller voir son psy qui a une approche beaucoup plus ouverte que la précédente. Il va continuer à prendre son médicament. Il va peut-être recommencer à aller aux réunions de l’ATQ. Il va finir ses séances d’épilations de la barbe et s’il me demande pour d’autres parties du corps, j’accepterai probablement sans trop tarder. Il continue à communiquer avec d’autres personnes trans. On va retourner magasiner du linge sous peu. Etc.

Bref, ce ne sont pas des solutions, mais disons que ce sont des moyens pour l’aider à y voir plus clair et à prendre éventuellement des décisions. La balle est dans son camp, tout ce que je peux faire, c’est l’accompagner dans ce cheminement et l’aider du mieux que je peux.

Je vais faire mon possible pour l’aider, pour l’écouter, pour l’encourager, comme les autres fois, mais j’ai l’impression que tant qu’il n’acceptera pas la situation, tant qu’il ne prendra pas des décisions et qu’il ne sera pas en paix avec ses décisions, la roue va continuer à tourner ainsi. Je ne peux que souhaiter que tout se passe bien et qu’on continue à évoluer tous les deux par rapport à sa dysphorie de genre…