Ouf! Toute une journée! Une journée qui m’a mise à l’envers, une journée qui a vu beaucoup de larmes, une journée éprouvante, tant pour moi que pour mon chum...

Je ne sais même pas par où commencer et cela amènera nécessairement plusieurs autres messages dans les prochains jours, même s’ils ne seront peut-être pas dans l’ordre et même si je ne sais pas ce que ça va donner exactement.

Bon, par où commencer?

Lundi et mardi, exceptionnellement, j’avais congé, ce qui nous faisait une longue fin de semaine. On avait bien l’intention d’en profiter et même si le samedi a été particulièrement occupé, on a profité du bon temps ensemble le dimanche et le lundi.

Ce matin (mardi), la journée a commencé par une grasse matinée et par un désir coquin de mon chum. Comme ce genre de petits moments arrivent de plus en plus rarement, j’en ai profité le plus possible. Mais bon, les préliminaires ne se sont pas très bien déroulés et on s’est vite dépêché de passer à l’acte avant de tout gâcher.

Et tout à coup, mon chum me dit « Et si on le faisait sans condom? ». Sous-entendu : « Et si on avait des enfants? ». Cette question m’a carrément jetée par terre et a finalement bel et bien gâché notre petit moment coquin par la suite.

Pourquoi cela m’a-t-il tant bouleversée? On a toujours dit que nous voulions avoir des enfants, cela ne fait aucun doute. Mais disons que premièrement, je m’étais toujours dit que je n’en aurais pas avant 30 ans (j’ai 27 ans et mon chum vient d’avoir 35 ans). Mais surtout, c’est que depuis l’an dernier et jusqu’à tout récemment, mon chum n’a jamais cessé de me dire qu’il voulait toujours des enfants malgré la situation, mais qu’il voulait attendre, qu’il n’était pas prêt, qu’il voulait faire de l’ordre dans ses idées et savoir où il s’en allait avant de penser d’avoir des enfants, ce qui m’allait assurément car je ne me sentais pas prête non plus.

Alors, ce revirement de situation, complètement inattendu, m’a vraiment surprise. En voyant mon trouble, il m’a dit d’oublier ça pour ce matin, qu’on en reparlerait.

Après un bon déjeuner dans la bonne humeur, on prenait un petit moment tranquille en jouant une partie de Scrabble, puis il me dit tout à coup : « J’aimerais bien essayer une nouvelle place que ma psy m’a suggérée pour me faire l’épilation laser du torse et du dos. J’aimerais bien prendre rendez-vous bientôt. ».

Et vlan! Deuxième choc en peu de temps. Premièrement, l’épilation du torse et du dos, on en avait parlé à quelques reprises, mais il n’y avait rien de décidé encore et même lui disait que ça n’irait pas pour tout de suite si cela se faisait.

Ensuite, il a une bonne place en ce moment, celle où il va pour la barbe. Le service est courtois, les prix sont raisonnables, ce genre de laser semble fonctionner pour de vrai car les résultats sont vraiment apparents, etc... Bref, il y a eu un petit dérapage une fois, mais sinon, on n’a jamais eu à s’en plaindre. Alors, pourquoi décider tout à coup de changer d’endroit?

J’avoue que je suis un peu sans voie et je reste un peu « grognon » suite à ces paroles, qui sonnent plus pour moi comme une affirmation et comme un choix déjà décidé sans que j’aie été mise au courant du tout avant. Je déteste que mon chum me place devant un fait accompli (ou presque) sans m’en avoir parlé au préalable!

On finit donc notre partie, moi dans la mauvaise humeur, mon chum perdu dans ses pensées.

Après, on est assis côte-à-côte dans le salon et je lui dis que ça me blesse qu’il ait décidé l’épilation ainsi sans m’en parler. À force de parler, on revient sur sa proposition du matin d’avoir des enfants.

Je lui demande si ça fait longtemps qu’il y pense, qu’est-ce qui l’a fait changer d’idée, etc.

Et là, tout commence à dégénérer... Je ne me rappelle plus comment on en est arrivé là, dans quel ordre c’est arrivé, mais voici la suite de notre conversation...

Il me dit qu’il trouve notre vie plate et ennuyante, que d’avoir des enfants serait un bon moyen de se désennuyer et de mettre un peu de piquant dans notre quotidien. Ensuite, ça va dans le sens que cela fera bientôt 7 ans qu’on sera ensemble et qu’il serait grand temps qu’on y pense, qu’il n’attendra pas encore des années. Je lui demande pourquoi ça presse tant tout à coup et il répond qu’il n’attendra pas des années encore pour commencer les hormones et que si on veut des enfants, il faut les avoir avant.

Et revlan! J’en tombe à terre littéralement. Il n’est plus question des hormones comme une possibilité, comme une éventualité, mais comme d’un futur assuré.

Je suis complètement à l’envers et je lui demande si ça fait longtemps que cette décision est prise, car il n’y a pas si longtemps encore, il en parlait comme quelque chose qu’il tenait à éviter à tout prix, et là, j’avoue que j’ai oublié le restant de la conversation.

Le ton a monté beaucoup, des sarcasmes et des paroles ironiques ont fait place à la conversation initiale, et ce, des deux côtés. Des larmes ont coulé, mais pour le moment, j’étais seulement dans une grande colère. Une colère froide et déraisonnée et je sais que j’ai dit quelques paroles qui ont dépassé ma pensée, comme lui d’ailleurs.

Cela s’est terminé dans un silence plutôt glacial et on a poursuivi l’après-midi en étant chacun de notre côté et en ne s’adressant pas vraiment la parole.

Je bouillais de rage. J’étais sous le choc et je ne savais plus trop quoi en penser. C’était trop pour une seule journée, trop de chocs, trop d’affirmations dont je n’étais pas au courant.

Je lui en voulais d’avoir caché tout cela. Je lui en voulais de me dire tout ça sans préavis, de me lancer ça en plein visage sans savoir depuis quand il pensait à tout ça. Je lui en voulais aussi pour sa vision par rapport au fait d’avoir des enfants. Je lui en voulais pour certaines paroles qu’il a dites et je m’en voulais également pour la même raison.

En plus, j’avais l’impression que tout était de la faute de cette nouvelle psy. Cela fait deux fois qu’il la rencontre et en moins d’une semaine, il m’a sorti 5 des principales choses qu’elle lui a dites :

- Il serait temps d’avoir des enfants, surtout après tout ce temps que vous êtes ensemble.

- Si vous voulez des enfants, il faudrait y penser avant les hormones., c’est-à-dire le plus rapidement possible.

- Il serait grand temps de faire l’épilation de d’autres parties, comme le torse et le dos.

- Tu devrais essayer une autre clinique pour l’épilation laser.

- Tu devrais recommencer à assister aux réunions de l’ATQ (ça, il m’en a parlé juste avant la fin de semaine).

Bref, je trouvais que la psy commençait à avoir pas mal d’influence et c’est justement ce que je redoutais, car je sais que mon chum est très influençable. J’avais l’impression d’entendre sa psy et non mon cbum, qu’il se laissait diriger par cette femme qu’il avait à peine vue et qu’il ne se souciait plus du tout de moi et de notre vie de couple.

Pendant un bon moment, cela n’a été qu’une rage et une colère que je ressentais. Rien d’autre.

Puis, un peu plus tard, cela a été une grande détresse et un grand chagrin qui ont tranquillement remplacer la colère. Je ne pouvais pas croire qu’on en était rendu là. Je ne voulais pas me sentir « obligée » d’avoir des enfants maintenant. Je ne pouvais me résoudre à l’idée des hormones. Bref, beaucoup de tristesse et j’ai vraiment senti que quelque chose s’était comme brisé aujourd’hui.

Il y aurait désormais un « avant le 15 juin » et un « après le 15 juin ».

Un peu plus calmes tous les deux, on s’est retrouvé pour souper. Cela a duré quelques heures (souper suivi d’une bonne marche) où on a fait semblant qu’il ne s’était rien passé, même si l’ambiance était un peu plus froide que d’habitude.

Puis, en fin de soirée, alors qu’on se demandait ce qu’on pourrait bien faire, on a décidé de recommencer à parler de cela. On pensait réussir à le faire plus tranquillement, mais cela n’a pas été le cas.

On s’est un peu expliqué et un peu excusé pour l’après-midi.

Puis, cela a encore dérapé, mais sur un autre ton et un autre sujet. Mon chum a commencé à me dire que depuis quelques semaines déjà, il se sentait dans une mauvaise passe, qu’il se sentait paniquer de plus en plus et qu’il ne voyait pas de solutions. Qu’il avait l’impression que rien n’avançait, qu’il s’en sortirait jamais et que de toute manière, il ne voyait pas où cela le mènerait.

Il a reparlé des médicaments qu’il prend (l’antidépresseur) et qu’il commençait à douter de son efficacité, qu’il pensait demander à ce que la dose soit augmentée et surtout, qu’il avait peur de paniquer au point de déraper et de faire une niaiserie. Il m’a dit qu’il ne savait plus où il s’en allait et qu’il ne savait pas combien de temps il pourrait endurer ça encore.

Et tout à coup, ma rage et mon chagrin de l’après-midi se sont transformés en une peur et une panique incontrôlable. Je repensais à ce fameux soir de novembre où j’avais trouvé la maison vide, car mon chum s’était retrouvé à l’hôpital.

Je me suis mise à paniquer et à craindre qu’il lui arrive quelque chose de semblable. J’ai commencé à angoisser au fait que j’allais partir demain toute la journée pour aller travailler et que j’allais le laisser seul. J’ai commencé à avoir peur de le perdre ou qu’il me dise de m’en aller.

Une panique et une peur comme les mots ne peuvent les expliquer ont envahi mon esprit. Je ne pensais plus aux paroles blessantes de l’après-midi, je ne pensais plus aux différents chocs que j’avais eus, tout ce qui me venait en tête, c’était la peur de le perdre, la peur qu’il panique de plus en plus et qu’il craque, la peur qu’il fasse quelque chose, la peur qu’il lui arrive quelque chose...

Cette conversation très mouvementée a durée plusieurs heures. Il m’a promis qu’il ne se passerait rien demain, ni après-demain, ni le restant de la semaine, mais il n’a pas pu me promettre combien de temps ça durerait, ce qui n'a en rien aider à me rassurer. Je lui ai demandé si je pouvais restée avec lui demain et le restant de la semaine en prétextant que je serais malade à ma job, mais il n’a pas voulu, affirmant qu’il avait besoin d’être seul.

Devant moi, alors qu’il approchait 23 heures, il a laissé un message à une psy de sa connaissance et non pas celle qui le suit actuellement (« l’autre psy »), en lui demandant de le rappeler dès que possible demain. Si elle est disponible, il ira la voir demain pour parler avec elle.

Il m’a promis de traîner son téléphone cellulaire toute la journée et que je pourrais le rejoindre n’importe quand et qu’il me laisserait des messages s’il avait à sortir.

Tout cela m’a quelque peu rassurée, mais à peine.

Le temps passait et même si moi, je continais à paniquer en craignant ce qui pourrait arriver, mon chum a décidé d’aller se coucher. Premièrement, il tenait à peine debout. Deuxièmemement, il s’est dit que ça me ferait du bien de rester seule un peu et de prendre le temps de réfléchir à tout ça et de me changer les idées.

Il a donc été se coucher, pendant que j’allais venir me défouler un peu ici pour écrire tout ça. Par contre, avant de s’endormir, on a mis encore un bon moment à discuter et cela s’est fait tout tranquillement et tout doucement.

J’ai compris son impatience d’avoir des enfants, du fait qu’il pense de plus en plus aux hormones et comme il ne sait pas combien de temps il pourra attendre, il aimerait qu’on puisse réaliser notre rêve d’avoir des enfants.

J’ai compris plusieurs choses et cela a permis qu’on s’explique de nouveau, mais d’une manière très calme cette fois-ci.

Je lui ai promis que j’allais réfléchir à tout ça, mais que j’avais besoin d’un petit peu de temps pour digérer tout ça.

Oui, pour l’épilation pour le torse, mais je veux avoir le temps de me faire à l’idée.

Oui, pour avoir des enfants bientôt, mais je demande quelques mois pour remettre de l’ordre dans mes idées. Je veux avoir des enfants par envie et par désir d’en avoir et non ne pas m’y sentir obligée. Mais je lui ai promis que cela se ferait bientôt, bien plus vite que ce que je croyais au début et que cela ne prendrait pas une année.

Oui, pour les hormones éventuellement, mais je veux vraiment qu’on prenne le temps d’avoir nos enfants avant. Je veux qu’on prenne le temps de s’informer et d’avoir mis au courant notre entourage. Bref, cela va arriver si c’est ce qu’il désire, c’est garanti.

Bref, je lui ai promis que je vais réfléchir à tout ça bien sérieusement et que ce ne sera pas si long. Et lui m’a promis de ne plus me bousculer et de me laisser ce petit moment que je lui demande.

Je sais que c’est dur pour lui et que je lui en demande beaucoup en lui demandant d’être patient, mais il faut qu’il comprenne qu’on est deux dans cette situation et que je suis prête à l’accompagner dans tout ce cheminement et dans toutes ces démarches, mais à la condition qu’on ne brûle pas d’étapes et qu’on prenne un peu notre temps. Des journées comme aujourd’hui, très peu pour moi!

En plus, je me dis que maintenant qu’il en a parlé et qu’on a vidé notre sac tous les deux, cela risque de faire du bien un peu. Lorsqu’il se demandera où il s’en va, il pourra se convaincre que ça avance dans la bonne direction et qu’il y aura du concret sous peu. J’ose espérer que cela le réconfortera et l’aidera à patienter.

Ouf! Je sens que je vais avoir pleins de messages sur tout ça à écrire dans les prochains jours, mais pour le moment, je suis complètement vidée. La journée a été épuisante, bouleversante et pour le moment, tout ce qui peut m’aider, c’est d’aller dormir un peu... J'espère juste réussir à dormir et surtout, demain matin, réussir à partir sans me tourmenter l'esprit et sans m'inquiéter pour mon chum.