Eh bien, c’est fait! Après plusieurs remises et plusieurs mois, j’ai finalement rencontré la psy de mon chum (la Psy D, pour faire référence à mon message où j’expliquais les différents psys et suivis faits).

Je ne peux pas dire que je sautais de joie à l’idée de cette réunion, et même loin de là! J’avais beaucoup d’appréhensions et de nervosité et cela ne me tentait pas du tout.

Premièrement, je ne m’en étais pas faite une très bonne idée. La manière dont mon chum m’en parlait, cela ne me disait vraiment rien qui vaille! Elle semblait mieux que la Psy B qui a causé tant de problèmes, mais tant qu’à moi, il y avait quand même des rapprochements à faire entre les deux qui ne me plaisaient pas du tout! Par exemple, la fois où elle avait répondu à mon chum « Si ça fait presque 7 ans que vous êtes ensemble et que vous n’avez toujours pas d’enfants, c’est probablement parce que vous n’en aurez jamais! Ou vous vous décidez maintenant, ou vous laissez tomber l’idée!», j’avoue que ce commentaire a vraiment passé de travers, ainsi que d’autres du même genre.

Mais bon, elle n’était pas fermée à notre relation de couple, ce qui était quand même un gros avantage par rapport à la précédente. De plus, elle ne connaît rien à la situation physique de mon chum (traumatisme crânien), mais elle veut vraiment en apprendre plus sur le sujet et comprendre ce que ça implique plus concrètement pour mon chum, contrairement à la psy précédente qui n’a jamais fait le moindre effort dans ce sens. Et dès le début, elle avait demandé à me rencontrer, alors, je crois que l’occasion était finalement arrivée.

Toute la journée (toute la semaine?), j’avoue que cela m’est resté dans la tête et j’étais très nerveuse à l’idée de cette rencontre. Elle voulait nous rencontrer tous les deux en même temps, mais tant qu’à être là, j’avais dit à mon chum que j’aurais bien aimé avoir quelques minutes seule avec elle, ce qu’il a accepté sans problème.

La psy, en sachant que cette fois-ci j’allais venir, avait fait exprès de mettre le rendez-vous le plus tard possible dans la journée, pour que je doive manquer le moins d’heures possible à mon travail, ce qui a été très apprécié.

Avec mon stress, j’avoue que mon chum a malheureusement encore une fois écopé de mes sautes d’humeur! Un rien me faisait perdre patience, entre autre quand je suis venue le rejoindre dans le métro un peu avant le rendez-vous et qu’il ne semblait pas trop savoir  où aller. Je sais que lui et le sens de l’orientation, ça ne fait pas bon ménage… mais je me fiais quand même sur lui pour nous amener au bon endroit puisqu’il n’en est quand même pas à sa première visite!

Finalement, on a décidé d’aller au plus simple et de prendre un taxi… encore faut-il trouver un taxi, ce qui nous fait perdre encore quelques minutes. Là, mon chum commençait à stresser également, lui à cause de l’heure du rendez-vous qui approchait et moi à cause de la rencontre en tant que telle qui approchait. Et le chauffeur de taxi n’a pas aidé non plus lorsqu’il nous a répondu « Vous savez, c’est l’heure de pointe… Ça prendra le temps que ça prendra! ».

Heureusement, nous sommes arrivés à l’heure et on a même eu quelques minutes pour décompresser dans la salle d’attente.

Avec le nom qu’elle a, je m’attendais de rencontrer une vieille femme, dans la cinquantaine ou la soixantaine, près de sa retraite. J’ai été drôlement surprise de voir une femme dans le début de la quarantaine, avec une apparence très jeune, très souriante et qui semblait aux premiers abords très sympathique et ouverte. Une fois dans le bureau, on a fait une petite blague sur le sens d’orientation de mon chum et cela a détendu l’atmosphère.

La rencontre a commencé en parlant un peu de tout et de rien. Elle m’a demandé pourquoi je craignais tant de la rencontrer (ouf! la question qui tue!) et je lui ai dit que j’étais drôlement plus à l’aise d’écrire que de parler en général et que je ne suis pas très sociable non plus.

Elle a demandé comment on s’était rencontré, comment j’avais appris la question trans de mon chum, comment je nous voyais en tant que futurs parents… et comment je vivais cette situation. Ouf, deuxième question mortelle!

Comment je vis la question trans au quotidien? Ni très bien mais ni très mal non plus, je dirais! J’ai rencontré l’homme de ma vie, mon âme-sœur et je l’aime plus que tout. Je dois apprendre à vivre avec cette idée et cette réalité, c’est une adaptation constante et ça prend beaucoup de communication et d’amour entre les deux, mais je réalise petit à petit que c’est vraiment une personne que j’aime avant tout. J’ai beaucoup d’inquiétudes quant à l’avenir, mais je me dis que si on vit une étape à la fois et qu’on prend le temps de s’adapter à chacune des étapes, tout finira par bien aller.

On a reparlé de notre projet d’avoir des enfants et elle a questionné à savoir comment cela se passait sur le plan « technique ». Un peu plus embarrassant et je voyais bien que mon chum n’était pas à l’aise de répondre à ce genre de question sur l’acte sexuel, surtout devant moi, par crainte de me décevoir je crois. Comme je commence à bien le connaître, j’ai pris la parole et j’ai exprimé un peu ce qui en était en réalité. Mon chum a semblé soulagé et il m’a confirmé par la suite qu’avec mes propos, j’avais vu juste et que j’avais bien expliqué la situation.

La rencontre a duré comme ça pendant un peu plus d’une demi-heure. Elle me posait des questions, je répondais et elle demandait à mon chum ce qu’il en pensait à son tour. Puis elle lui posait des questions directement et elle me demandait ce que je pensais de ses réponses.

Puis, mon chum a dit à la psy tout d’un coup « Ma blonde aurait aimé vous parler un peu seule à seule. ». La psy a approuvé tout de suite, mais j’en ai voulu à mon chum qu’il me mette dans cette situation, car j’étais en train de me dire que je laisserais faire cette idée, tout simplement. Elle a suggéré qu’il sorte du bureau une dizaine de minutes, qu’on se parle elle et moi, puis que mon chum revienne pour la fin de la rencontre et qu’on revienne un peu sur comment cela s’était passé.

Me voilà donc seule dans le bureau avec la psy et je bafouille un peu. Finalement, je lui parle de mes inquiétudes qui me hantent si souvent. Non pas tant des inquiétudes physiques liées à une éventuelle transition, mais bien par rapport au moral et au psychologique de mon chum. Je lui dis que j’ai dû mal à le croire lorsqu’il me dit que tout va bien, alors que ses messages sur internet disent le contraire. Je lui reparle de ce fameux soir où il s’est retrouvé à l’hôpital (elle était déjà au courant) et que depuis ce moment, j’ai peur de ces downs qui surviennent n’importe quand et sans autres préavis. En plus, avec le fait que mon chum a demandé à faire baisser ses antidépresseurs, ce n’est rien pour me rassurer!

Est-ce que cela a fait du bien de parler de tout ça? Oui et non… Elle n’avait pas de réponse et a dit que ça se pouvait que mon chum n’aille pas si bien que ça, comme ça se pouvait qu’il aille mieux que je pense. Pour le fait de baisser les antidépresseurs, elle suggérait qu’il aille faire une évaluation psychiatrique pour être sûr qu’il prenne la bonne décision, car ce n’est pas dans ses compétences à elle.

Puis, toujours pendant que j’étais seule avec elle, elle m’a expliqué que le fait qu’il ne travaille pas, qu’il soit toute la journée à la maison et qu’il ne sorte pas beaucoup avec des amis, forcément, cela affecte son moral, car il peut passer son temps à se poser trop de questions par rapport à la question trans et cela peut en devenir une obsession. Il faudrait qu’il s’occupe, peu importe comment, mais qu’il trouve le moyen de sortir plus souvent et de rencontrer du monde (sans lien avec la question trans), car elle a découvert qu’il avait vraiment besoin de parler de tout et de rien avec les autres.

Finalement, toujours seule avec moi, elle a abordé la question de la motivation et de la forme physique. Mon chum n’est pas en forme, il a un surplus de poids et il n’arrive plus du tout à avoir la motivation nécessaire pour être plus en santé. Elle me disait que non seulement pour devenir parent, mais tout simplement pour prendre éventuellement des hormones, il faudrait qu’il soit un peu plus en forme, sinon, le médecin ne voudra jamais lui prescrire des hormones dans son état… Qui sait, peut-être que cela le motivera un peu?

Tout ça en seulement une dizaine de minutes, puis la psy est retournée chercher mon chum. Elle lui a fait part de ses préoccupations par rapport à sa forme physique et a fortement suggéré à mon chum de se trouver une occupation extérieure hebdomadaire. Pour les antidépresseurs, elle a vraiment insisté pour qu’il aille passer une évaluation psychiatrique avant de faire quoique ce soit.

Puis, elle a conclu la rencontre en disant qu’on avait l’air très amoureux l’un de l’autre. Juste par nos regards complices qu’on s’est échangés pendant qu’on parlait, elle en a été convaincue. Elle a dit à mon chum qu’il était chanceux d’avoir une compagne qui l’accepte et qui le suive et qu’il devrait arrêter de se poser trop de questions pour le moment. S’il doit prendre des hormones, il en ressentira vraiment le besoin et à ce moment, il saura que c’est la solution et qu’il y est prêt. Pour le moment, il se pose tellement de questions que ça ne fait que lui nuire encore davantaghe. Elle lui suggère de se concentrer sur notre projet imminent de fonder une famille et de toujours se rappeler que je lui laisse la porte ouverte pour la suite des choses ensuite.

Elle a terminé l’heure de rencontre en demandant si la prochaine fois, elle rencontrait seulement mon chum ou encore tous les deux. On a convenu que pour la prochaine fois, ce serait seulement mon chum… mais à ma grande surprise, je me rends compte que je ne serais pas contre du tout d’y retourner encore pour quelques rencontres… et qui sait, peut-être même éventuellement pour une rencontre complète seule!

Je ne regrette pas d’avoir été à cette rencontre. Premièrement, je peux maintenant mettre un visage et une impression réelle sur cette psy que mon chum rencontre assez régulièrement. Elle a su me mettre à l’aise assez rapidement et j’avoue que j’en avais vraiment une idée exagérément faussée.

Par contre, je ne peux pas dire que je l’apprécie complètement, et il y a encore de nombreux points qui viennent me déranger venant d’elle, mais je crois que j’en suis un peu plus rassurée quand même. Je suis prête à y retourner pour d’autres rencontres et pour les prochaines fois, j’apporterai plus de points et de questions concrètes. 

Bref, j’en suis agréablement surprise et mon chum a vraiment beaucoup apprécié que je fasse cet effort pour lui. Pour la suite… on verra bien!