Notre projet d’avoir un enfant tient toujours la route et même, je dirais qu’on y pense de plus en plus et qu’on l’espère toujours plus.

Cela fait depuis le mois de septembre que nous essayons (c’est-à-dire 4 mois) et pour le moment, toujours aucune bonne nouvelle à ce sujet.

Bien sûr, 4 mois, c’est bien peu et la plupart des ressources suggèrent d’essayer au moins de 12 à 18 mois avant de s’inquiéter et avant d’aller consulter.

Alors, on continue d’essayer et on ne s’inquiète pas encore… Ce n’est pas toujours facile et comme c’est devenu en général la seule fois qu’on fait l’amour dans le mois, on essaie que cela aille du mieux possible, même si j’ai l’impression d’avoir perdu un peu de « magie » puisque c’est devenu bien calculé et moins improvisé comme avant.

Mais bon, je sais que cela demande déjà un effort considérable pour mon chum et qu’on ait réussi à le faire à tous les mois, je trouve ça déjà très bien. Je profite du moment quand ça arrive et on continue à se croiser les doigts pour que ce soit la bonne fois!

Mais il y a quand même quelques points et possibilités qui me passent par la tête régulièrement et qui m’inquiètent un peu…

Avant tout, sans aucune raison rationnelle, il peut arriver que l’un ou l’autre des partenaires ait un problème d’infertilité ou de stérilité. On ne sait jamais sur qui cela peut tomber, on ne sait pas pourquoi, mais ce qu’on sait, c’est que des couples en parfaite santé n’arriverons jamais à avoir d’enfant. Et bien sûr, les personnes concernées ne savent jamais par avance cette condition, c’est qu’en essayant d’avoir des enfants et en faisant toute une batterie de tests que les médecins peuvent en venir à cette conclusion, et même parfois, aucune raison ne sera trouvée malgré tout. De plus, comme mon chum est plus âgé que moi (35 ans), cela peut aussi amener des problèmes de fertilité, qui malheureusement, ne ferait que s’aggraver avec le temps. Ces idées me font relativement peur, mais je me croise les doigts pour que cela ne soit pas notre cas.

Ensuite, il pourrait y avoir de nombreux facteurs de risques qui pourraient expliquer nos difficultés à avoir des enfants.

Premièrement, nous ne sommes pas comme n’importe quel autre couple, qui fait l’amour de façon régulière et espère qu’une fois parmi les autres sera la bonne. Cela n’arrive en général qu’une fois par mois, il faut donc bien calculer le moment le plus propice pour maximiser nos chances. Et comme mon cycle est plutôt irrégulier et pleins de surprises, cela nous complique encore plus la tâche. Qui sait, peut-être que les mois précédents, on n’avait juste pas choisi la bonne date? Pour ce mois-ci, on va tenter de régler cette situation, car on s’est procuré les outils pour mieux déceler la bonne date, alors, j’espère que cela va marcher!

Ensuite, plusieurs problèmes de santé pourraient expliquer une difficulté temporaire à avoir des enfants. Mon chum a un problème de surpoids et moi-même, je n’ai pas un poids-santé idéal non plus. Cela peut compliquer l’acte, mais aussi la performance en elle-même et même le résultat. On essaie de faire attention le plus possible à notre alimentation, aux aliments qu’on mange,  en espérant que cela finira par donner des problèmes concrets.

Et bien sûr, le problème de poids joue également sur la manière dont on fait l’amour et une des seules façons fonctionnelles qu’on ait trouvé, c’est que ce soit moi qui sois sur lui. Même si les écrits disent que la position n’influence pas vraiment sur les chances de tomber enceinte, il n’en demeure pas moins qu’on nuit peut-être un peu à nos chances en étant contre la gravité complètement…

Ensuite, sans que cela n’ait jamais été confirmé ou mentionné dans mon cas, j’ai l’impression que je pourrais souffrir du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK). Plusieurs des symptômes de cet état correspondent à ce que vis quotidiennement. Ce n’est pas si grave, mais cela peut apporter des difficultés à concevoir un enfant. Mais il y a des solutions, dont certains médicaments que la femme peut prendre et qui aide à tomber enceinte. J’en parlerai à mon nouveau médecin de famille le mois prochain, lors de mon premier rendez-vous avec elle, juste au cas où!

Pour continuer, comme je l’ai déjà mentionné, mon chum a déjà eu un grave accident d’auto étant enfant et cela a laissé quelques séquelles physiques. Cela n’en a jamais été question, mais qui sait si cela n’aurait pas pu causer des problèmes quelconques de fertilité une fois rendu à l’âge adulte? Mon chum m’a promis qu’il aborderait ce point avec son médecin lors de son prochain rendez-vous à la fin du printemps.

Concernant la question trans en tant que telle, deux autres situations pourraient ajouter aux complications d’avoir un enfant. Premièrement, mon chum prend un antidépresseur et on sait déjà que cela joue beaucoup sur sa libido, sur ses envies sexuelles qui sont nettement à la baisse, pour ne pas dire inexistantes. Est-ce que cela peut également influencer sur sa fertilité? Apparemment, une nouvelle étude démontre que certains antidépresseurs peuvent effectivement jouer temporairement sur la fertilité, alors, ce sera un autre point à vérifier éventuellement!

Et deuxièmement, même si cela est beaucoup plus gênant à aborder et que je vais d’ailleurs en faire un message futur, mon chum n’a bien sûr jamais accepté son corps d’homme et le symbole mâle suprême, c’est bien l’entre-jambe et ce qui s’y trouve. Bien avant de me connaître, mon chum m’a avoué qu’il lui est arrivé à plusieurs reprises de s’en prendre physiquement à cet organe, se torturant et se mutilant presque, faisant passer physiquement toute sa colère et ses émotions sur ça. Sans m’attarder maintenant sur le sujet, pour reprendre ses propres termes, « ça arrivait que ça reste bleu pendant un certain temps ». Se pourrait-il qu’il ait « brisé » quelque chose en faisant ça, ou qu’il ait gardé des conséquences physiques de ces mauvais traitements? Mon chum va essayer d’en parler à son médecin, ainsi que du point précédent, à son prochain rendez-vous, même si je comprends très bien que cela soit loin d’être facile à aborder!

Cela fait donc plusieurs facteurs qui peuvent influencer, seuls ou regroupés, notre capacité à avoir un enfant. Il faut tenter de régler ces facteurs un après l’autre, réessayer, et tenter autre chose de nouveau.

Je suis patiente et je suis prête à essayer pleins de solutions, à envisager pleins de possibilités. Et même, si jamais on ne peut pas avoir d’enfant pour une raison quelconque, il y a toujours d’autres solutions qui s’offrent à nous, comme l’adoption. Nous serions prêts à envisager ces possibilités, car le plus important pour nous, ce n’est pas d’avoir un enfant d’une façon naturelle, mais c’est d’avoir un enfant, tout simplement, de pouvoir l’élever, le dorloter, l’aimer et de le voir grandir.

Mais ce qui m’inquiète le plus, c’est que tout cela prend du temps et plus cela prend du temps et plus les délais s’allongent au final pour mon chum et sa future transition éventuelle. Chaque mois passé, chaque solution à envisager, cela rallonge d’autant l’étape suivante pour mon chum et j’ai peur qu’il ne soit pas si patient…

Pour le moment, notre désir d’avoir un enfant est très fort et on va se concentrer là-dessus en premier. Ensuite, ce sera une étape à la fois et on prendra les choses une à la fois, comme toujours. Entre-temps, on va continuer à essayer à tous les mois, en se croisant les doigts pour que la fois suivante soit enfin la bonne!