Et voilà! C’est reparti! Ce que je craignais depuis des semaines, voire des mois, est arrivé : mon chum a recommencé à paniquer et à craquer sous la pression. Lui qui la semaine dernière encore me disait que ça allait bien… eh bien, c’est un tout autre discours cette semaine.

Je ne sais pas ce qui a déclenché soudainement ce down et cette panique, mais chose certaine, c’est que c’est bel et bien là et que cela m’inquiète au plus haut point.

Il est dans une phase où il remet tout en questions, que plus rien ne va et surtout, dans un immense down qui lui fait broyer du noir. Il a eu sa troisième visite chez son psy hier et même si je n’ai pas réussi à tout comprendre, il en est revenu outré, exaspéré, dégoûté, tout à l’envers et il veut absolument rechanger. Je vais attendre que la poussière retombe un peu et je lui en reparlerai. Je continue à croire que c’était la bonne personne, mais c’est vrai que je ne l’ai pas rencontré et que, de toute manière, si le courant ne passe pas entre mon chum et lui, ça ne sert à rien de continuer avec ce psy. Mais de là à en faire tout un drame pour une simple séance qui a mal été? Et je n’exagère pas, depuis hier, j’ai l’impression qu’il est complètement effondré et que plus rien ne va.

Il ne sait plus coment s’habiller le matin et cela lui coûte visiblement un gros effort lorsqu’il doit se restreindre. Cela lui crée des tensions et ne fait qu’augmenter encore plus son down.

Les deux dernières journées ont été difficiles, orageuses, où tous les deux grimpions dans les rideaux pour un rien. Mon chum panique, plus rien ne lui tente et il recommence à se replier sur lui-même en me repoussant quelque peu.

Il recommence à se poser de sérieuses questions et à nier sa dysphorie de genre, alors que l’instant suivant, il semble complètement déprimé et affirme sur un ton de quelqu’un qui s’en va à l’abattoir qu’il n’y a pas d’autres issues.

Les poils qui repoussent dans sa barbe semblent le mettre hors de lui et même s’ils sont clairsemés et qu’on voit vraiment la différence, il semble complètement découragé.

Il remet en doute la prise de son médicament, il recommence à sauter des repas et à ne pas faire attention à lui. Il dort énormément, pour chasser tout ça de ses pensées si je comprends bien.

On s’énerve pour un rien, pour un détail et je sens de la colère mal placée de chaque côté. Il ne veut plus que je lui pose des questions, que j’essaie de l’aider et moi, de mon côté, je ne veux pas être mise à l’écart, je veux être au courant et surtout, je m’inquiète pour lui.

J’ai peur… J’ai peur qu’il craque vraiment et qu’il fasse des niaiseiries. Je recommence à avoir peur de sortir de la maison et de le laisser seul. Je suis morte de peur et comme il ne semble pas comprendre dans quel état ça me met de le voir ainsi, ma peur se transforme également en colère.

Je souffre de le voir ainsi, j’aimerais tant pouvoir l’aider plus, pouvoir le rassurer ou le réconforter. J’aimerais pouvoir lui donner la main et qu’on ne se lâche pas durant cette partie de chemin plus difficile à traverser. Mais je ne peux pas l’aider s’il ne veut pas de mon aide et me repousse. Depuis hier, il n’arrête pas de me dire qu’il a besoin d’être seul, mais moi, j’ai besoin d’être avec lui et qu’on partage ce moment!

Je commence à paniquer moi aussi, non pas à cause d’une éventuelle transition possible, mais bien en le voyant dans cet état, me sentant impuissante et ayant peur de ce qu’il pourrait décider et/ou faire. J’ai hésité longtemps à aller travailler ou non ce matin, car j’avais vraiment peur de le laisser dans cet état-là. J’ai finalement décidé d’aller travailler et de l’appeler souvent, mais même au téléphone, je sens que ça ne va pas, mais il s’entête à ne rien dire. Par-dessus tout, je ne veux surtout pas le perdre!

Et quand on commence à parler d’autres choses, à avoir le sourire un peu, on revient inévitablement sur la question trans et on recommence à s’obstiner.

Je ne l’obstine même pas sur la transition ou sur la question trans elle-même, mais il ne me dit pas tout et j’ai du mal à le suivre ainsi, j’ai du mal à comprendre et il ne veut même pas me répondre lorsque je lui pose des questions toutes simples. Je sais qu’il est mêlé et je ne demande pas des réponses claires et précises, mais je veux juste qu’on en parle, qu’on en discute tranquillement et qu’il me dise comment il se sent et qu’est-ce qui se passe.

Par exemple, on avait prévu depuis longtemps d’aller magasiner du linge d’été féminin pour lui ce soir et hier, il me dit qu’on oublie ça, tout simplement, sans explications, alors qu’il avait vraiment hâte et qu’il en a décidément besoin car sa garde-robe commence à être bien moins garnie pour le temps doux qui s’en vient. Quand je lui demande pourquoi, il recommence à se prendre la tête et on recommence à s’énerver tous les deux…

En plus, en dehors de la question trans, ma semaine de travail a vraiment été épuisante et pas toujours facile. Et lui, il commence à aller voir une physiothérapeute et une ostéopathe car il a mal à l’épaule et au bras. Et avec tout ça et les rendez-vous chez le psy, disons que l’argent se fait également un peu plus rare que certaines autres fois. Bref, pleins de petits détails qui ne font qu’ajouter de l’huile sur le feu à mon avis et qui ne font qu’envenimer la situation générale.

Ouf! Décidément, la semaine a vraiment été dure! Principalement les deux derniers jours, cela a vraiment été difficile. Et j'en suis encore toute à l'envers.

Je sens que mon message est un peu décousu, un peu chaotique, mais je n’arrive pas à mieux m’exprimer car mes écrits sont comme ma pensée en ce moment, c’est-à-dire un peu tout croche et à l’envers. J’ai du mal à bien raisonner et à bien faire la part des choses, probablement aussi à cause de la fatigue.

En espérant que la situation ne s’envenime pas davantage et que mon chum accepte mon soutien. Je ne dis pas que tout sera réglé, loin de là, mais au moins, si on arrive à être sur la même longueur d’ondes et à se soutenir mutuellement, ça ne sera que plus apprécié et moins difficile à faire face ensuite…